A l'imparfait du subjectif (Les yeux de sa mère)

Les yeux de sa mère. Tiens, on dirait le titre d'un Almodovar. Nul doute que c'est l'ambition avouée de Thierry Klifa : réaliser un film qui emprunterait au romanesque du cinéaste espagnol, en y ajoutant une touche bien française, à la Claude Sautet. Le désir en est très perceptible dans le scénario co-signé par Christopher Thompson, dont on sait l'amour des récits à multiples personnages. A l'écran, cette volonté se traduit de façon maladroite par une surabondance de biens. L'intrigue principale, celle de l'écrivain qui met son nez partout à des fins mercantiles et fait ainsi éclater une ribambelle de récits sous-jacents douloureux, est naïve et gauche dans son traitement. Heureusement, Nicolas Duvauchelle, remarquable, donne une vraie ambigüité à son rôle, ce qui est moins palpable chez les "mauvaises" mères en quête de pardon, jouées par une Deneuve et une Pailhas impeccables, mais dont la partition est plus prévisible. Passons sur Marisa Paredes, Marina Foïs et Jean-Marc Barr qui n'ont pas le temps d'installer leurs personnages. Trop de fils narratifs, trop de coïncidences, trop de secrets enfouis, trop de glamour (les mères sont présentatrice du 20 heures et danseuse étoile, rien que cela) : Klifa joue avec le feu. Il ne s'y brûle pas tout à fait en dramatisant encore son histoire à mi-parcours et en jouant à fond la carte du mélodrame. A cause de ce courage quasi suicidaire, on a envie de le défendre et de lui pardonner ses défauts. A ce film à l'imparfait du subjectif.



27/03/2011
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