Athlétisme et angélisme (La ligne droite)

Le réalisateur d'Indochine est un fondu d'athlétisme. Pas seulement pour la compétition, mais aussi et surtout, pour l'histoires intime des champions. Ses documentaires, consacrés à Hicham El Guerrouj, Heike Dreschler etc, sont d'ailleurs de petits bijoux. Avec La ligne droite, Régis Wargnier tente de filmer une fiction autour du sport roi de l'olympisme, mais le moins que l'on puisse dire est que le résultat est très décevant. Accusé principal : le scénario, plus chargé que Marion Jones à sa grande époque, qui agrège les malheurs de ses deux personnages principaux (athlète devenu aveugle, jeune femme sortant de prison), au risque du mélodrame. Comment se sortir d'un point de départ aussi ouvert aux clichés ? Eh bien, il ne s'en sort pas. D'autant que le sport passe vite au second plan, derrière la relation psychologiquement compliquée qui se noue entre le coureur invalide et sa guide. Les dialogues sont signifiants, l'interprétation pataude, hormis Rachida Brakni, dix foulées devant ses camarades. Les meilleures scènes sont celles des entraînements, filmés avec fluidité. Mais elles n'occupent qu'une partie infime de cette Ligne droite qui ressemble davantage à une course d'obstacles. Un honnête téléfilm diront les moins indulgents qui n'auront pas vraiment tort. Surtout avec ce dénouement d'un angélisme gênant.



14/03/2011
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