Cinéphile doux

Beau comme du Claudel

Dès son coup d'essai, Philippe Claudel se situe à mille lieues au dessus d'un cinéma français souvent étriqué et effrayé par les grands sentiments. Dans Il y a longtemps que je t'aime l'écrivain/réalisateur sait où il va et livre une partition (presque) parfaite sur un (des) être(s) en état de douleur tout en ayant la délicatesse de ne jamais laisser les vannes s'ouvrir (sauf à la fin mais c'est une délivrance et une fenêtre qui s'ouvre sur l'espoir). On couvrira de louanges Scott Thomas mais il ne faut surtout pas oublier la merveilleuse Zylberstein et une ribambelle de seconds rôles remarquables. Dans ce film, les moments les plus beaux sont ceux où les regards se croisent et les silences s'installent. Paradoxal, pour un écrivain qui a déjà tout compris de la grammaire cinématographique.



Article ajouté le 2008-03-24 , consulté 77 fois

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