Dense avec les loups (Un prophète)
Regarde les hommes tomber, Un héros très discret, Sur mes lèvres, De battre mon coeur s'est arrêté, Un prophète. La filmographie de Jacques Audiard est éloquente : non seulement elle est impeccable mais elle traduit une montée en puissance qui le place incontestablement aujourd'hui au sommet des cinéastes français. Un prophète est un aboutissement, un film de prison, soit, mais qui raconte avant tout une ascension sociale, lente et implacable. D'une noirceur sans nom, le film est d'une intensité invraisemblable et, pour montrer cette jungle humaine, la mise en scène d'Audiard s'est épurée à la manière d'un Jacques Becker ou d'un Melville (avec la virtuosité d'un Scorsese dans les scènes de violence). Une oeuvre dense (avec les loups) qui s'offre des embardées oniriques somptueuses (les cerfs) et qui s'inscrit instantanément au fronton des plus grandes réussites du cinéma français, toutes époques et tous genres confondus. Respect.
Commentaires
Izzy le 12/09/2009 à 17:40:22La mise en scène est remarquable, d'un lyrisme impeccable.
Et même si tout le monde l'a déjà dit et répété mille fois, je dis aussi tout mon respect à Tahar Rahim, parfait inconnu, totalement habité par son rôle. Il ne joue pas Malik, il EST Malik.La transformation tant physique que morale de ce personnage transpire sur le visage et le corps de ce jeune acteur.
Un film remarquable et un réalisateur on ne peut plus doué.
Je reprends tes mots... respect...