A l'imparfait du subjectif (Les yeux de sa mère)

Les yeux de sa mère. Tiens, on dirait le titre d'un Almodovar. Nul doute que c'est l'ambition avouée de Thierry Klifa : réaliser un film qui emprunterait au romanesque du cinéaste espagnol, en y ajoutant une touche bien française, à la Claude Sautet. Le désir en est très perceptible dans le scénario co-signé par Christopher Thompson, dont on sait l'amour des récits à multiples personnages. A l'écran, cette volonté se traduit de façon maladroite par une surabondance de biens. L'intrigue principale, celle de l'écrivain qui met son nez partout à des fins mercantiles et fait ainsi éclater une ribambelle de récits sous-jacents douloureux, est naïve et gauche dans son traitement. Heureusement, Nicolas Duvauchelle, remarquable, donne une vraie ambigüité à son rôle, ce qui est moins palpable chez les "mauvaises" mères en quête de pardon, jouées par une Deneuve et une Pailhas impeccables, mais dont la partition est plus prévisible. Passons sur Marisa Paredes, Marina Foïs et Jean-Marc Barr qui n'ont pas le temps d'installer leurs personnages. Trop de fils narratifs, trop de coïncidences, trop de secrets enfouis, trop de glamour (les mères sont présentatrice du 20 heures et danseuse étoile, rien que cela) : Klifa joue avec le feu. Il ne s'y brûle pas tout à fait en dramatisant encore son histoire à mi-parcours et en jouant à fond la carte du mélodrame. A cause de ce courage quasi suicidaire, on a envie de le défendre et de lui pardonner ses défauts. A ce film à l'imparfait du subjectif.



27-03-2011 | 187 vues

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Commentaires


suzanne
le 24-04-2011 à 00:08:55
Contrairement à vous tous, j'ai beaucoup aimé ce film (surtout la première partie), je trouve tous las acteurs excellents, en particulier Nicolas Duvauchelle. Les moments de danse sont magnifiques. J'ai moins aimé la seconde partie, plus précipitée, moins léchée. L'homosexualité du fils me semble déplacée, n'apporte rien au film, et effectivement Maria se remet un peu vite...
Igor
le 31-03-2011 à 00:08:05
Beau film, c'est vrai, qu'Une vie à t'attendre: particulièrement senti, peut-être en partie autobiographique?
Il nous avait également beaucoup touchés,et Géraldine Pailhas y était autrement plus émouvante, je trouve: là je ne me suis pas du tout senti concerné par ce drame,même si j'ai beaucoup apprécié le personnage du fils joué par un jeune acteur inconnu...
catarina
le 30-03-2011 à 19:08:08
Une vie à t'attendre traitait de la passion amoureuse et du déchirement qui peut en résulter quand le passé refait surface sous les traits de la femme aimée: on y croyait sans se poser de questions, celui-ci est plus "fabriqué", on y croit beaucoup moins.
pamina
le 30-03-2011 à 14:14:56
C'est le propre du mélodrame que de rendre crédibles des situations qui ne le sont pas toujours (ainsi que de nous émouvoir). Si le film n'y parvient pas, c'est qu'il n'est pas vraiment abouti...
latifa
le 30-03-2011 à 12:19:36
Je me suis en effet posé la question: ce n'est pas très crédible, je suis bien d'accord.
Bien joué mais l'émotion n'est pas au rendez-vous:beaucoup moins authentique que le film avec Bruel, G.Paihas et N.Baye, qui m'avait beaucoup touchée.
Igor
le 28-03-2011 à 13:58:57
Tout à fait d'accord, un film qui cette fois-ci ne m'a pas convaincu: trop d'intrigues mêlées qui dispersent l'attention et font retomber l'intérêt.Et puis cette récupération quasi miraculeuse de maria est-elle vraiment très crédible?
Non, pas vraiment enthousiaste...
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