Faim de vengeance (Mise en bouche)

Dans la hiérarchie des romans culinaires (si, si, ça existe), Mise en bouche, de la coréenne Jo Kyung-ran, est à placer assez loin derrière Le cuisinier du suisse Martin Suter. Moins de variété gustative dans le plat, pardon le livre, et une certaine tendance à mâcher et remâcher la nourriture pour la première citée. Jung Jiwon s'est faite larguer par l'homme de sa vie et ça, elle ne peut le digérer. En tous cas, cela va lui prendre 235 pages pour s'en sortir et, une fois sa faim de vengeance assouvie, elle pourra se remettre de sa dépression, du moins on l'imagine. Hormis son dénouement, horrifique et franchement inattendu (mangez, ceci est mon gore), Mise en bouche décrit avec minutie la tristesse d'une jeune femme dont la seule passion (outre son ex), la cuisine, ne la fait plus saliver. S'y remettre peu à peu va la remplumer, en fin de compte, mais Dieu que le chemin est long. Le roman de Jo Kyung-ran est riche en considérations de toutes sortes sur l'art culinaire (pas loin de nous gaver d'ailleurs), vu comme une philosophie de vie, et son action est systématiquement ralentie par des retours en arrière qui finissent pas saturer. Ce livre inégal, avec son final original, est un bon coupe-faim mais manque un peu de consistance. Un jour de frugal appétit, on peut s'en contenter.



13/06/2010
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