La Tarentelle de Strasbourg (Tous les soleils)

Le dernier livre de Philippe Claudel (L'enquête) est très noir. Le dernier film de Philippe Claudel (Tous les soleils) est lumineux, avec quelques nuages en suspens. Pas de point commun entre l'écrivain et le cinéaste ? Non, aucun, Claudel l'explique lui-même par une volonté affirmée de s'exprimer différemment selon les supports. Tous les soleils est une comédie italienne qui se déroule à Strasbourg. Alessandro, son héros (Stefano Accorsi, aussi savoureux en V.O qu'en V.F) vient de Vénétie. Et une grande partie du film se déroule dans le quartier de la petite France, et le long de ses canaux. Pas une coïncidence. Alessandro est encore épris de sa femme décédée près de 15 ans plus tôt. Et quand sa fille et son amoureux vont au cinéma, que voient-ils ? Peter Ibbetson, le film culte de Hathaway, dont le sujet est l'amour plus fort que la mort. Pas une coïncidence, non plus. Au-delà de son arrière-plan culturel -la Tarentelle, la musique baroque, les citations d'écrivains-, Tous les soleils assume son statut de film cousu de fil blanc, tirant parfois sur le rose, alternant moments cocasses (le frère d'Alessandro, anti-berlusconiste primaire) et tendres instants, que cela soit entre un père et une fille ou avec une bande de potes. C'est chaleureux, à la limite de la mièvrerie parfois, mais toujours généreux, comme un chianti long en bouche. Et puis, c'est aussi un film qui parle d'un sujet plus grave : comment faire pour vivre avec ses morts. Ce sont les nuages en suspens, dont il était question plus haut. Le fait est qu'on ne les chasse pas aussi facilement. Il faut juste accepter de vivre avec et continuer sa route. Avec du vin, des pâtes, et le beau regard de Clotilde Courau, c'est largement envisageable.



30/03/2011
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