Vénéneux jusqu'à la moëlle (Le domaine du temps)

A propos du troisième roman de Joao Tordo, le premier à être traduit en français, les critiques portugais ont évoqué Poe, Kafka, Melville et Conrad ! Des références sans doute un peu lourdes pour un livre qui reste mystérieux et intriguant jusqu'à son dénouement et donne le vertige par sa construction et l'incroyable richesse de son intrigue. Le domaine du temps fascine par son évocation de l'empire du mal et des grands événements du siècle dernier, du nazisme au communisme, vus à travers le regard d'un garçon innocent qui fera l'apprentissage de l'horreur, à son corps défendant. Le roman est impossible à raconter, sinueux et flou, décrivant un cauchemar qui semble comme un rêve familier, qui dure près d'un quart d'un siècle. Roman d'apprentissage, romantique à l'occasion, morbide, sordide et vénéneux jusqu'à la moëlle, Le domaine du temps est inclassable et traumatisant par ce qu'il laisse deviner dans l'ombre de ses lignes. Une seule certitude et une seule envie, une fois le roman achevé : retrouver la plume de ce Joao Tordo au plus vite (par pitié, gens d'Actes Sud, diligentez la traduction de ses deux premiers livres, merci).





01/03/2010
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