Récolte de vieux films (Mars/3)


Un envoyé très spécial (Too hot to handle, Jack Conway, 1938)
Clark Gable est reporter d'images d'actualités. Et il bidonne plus souvent qu'à son tour, préférant les cabarets de Shanghaï aux bombardements pendant la guerre civile. Un film d'aventures exotiques dans la plus pure tradition, follement divertissant. Et Clark est formiGable !

Pour plaire à sa belle (To please a Lady, Clarence Brown, 1950)
Le titre, idiot, laisse penser qu'il s'agit d'une bluette romantique. Nullement, les personnages incarnés par Gable, macho arrogant, et Stanwyck, femme d'affaires et de tête, sont d'un cynisme à toute épreuve et leur idylle a quelque chose de désespéré. Maintenant, l'intérêt principal du film vient des courses de voitures de ce début des années 50, rendues de façon spectaculaire.

Fascination (Possessed, Clarence Brown, 1931)
Cela semble anodin aujourd'hui mais l'histoire de cette femme entretenue, et libérée, a beaucoup choqué à l'époque et notamment la censure. On est dans un mélo sentimental sans envergure qui se laisse voir un jour de disette. Joan Crawford n'a aucun mal à croquer tout crû un Gable un peu éteint.

L'aventure (Adventure, Victor Fleming, 1945)
L'avant-dernier film de Fleming et, surtout, le grand retour de Clark Gable après trois ans d'absence (la mort de Carole Lombard, la guerre). D'aventure il y en a guère dans ce film honnête, trop étiré, qui se termine en mélodrame. Tout est contenu dans les rapports entre le marin volage (Gable, passable) et la bibliothécaire coincée (Greer Garson, splendide). L'intérêt s'émousse au fil des longues minutes.

Si Paris nous était conté (Sacha Guitry, 1955)
Après le succès populaire de Si Versailles m'était conté, Guitry enchaîne avec une histoire de Paris, fantaisiste et volontiers frondeuse. C'est qu'il a ses têtes, le Guitry, et il n'a de cesse de louer l'esprit de Voltaire et de proclamer l'innocence de Marie-Antoinette. Pas très emballé par la Révolution, il escamote les périodes qui l'ennuient et fait totalement l'impasse sur la première moitié du XXe siècle. Ce qui est rigolo, c'est le défilé de têtes connues, qu'elles soient historiques ou interprétées par les plus grandes vedettes de l'époque : Darrieux, Morgan et un Gérard Philipe en trouvère qui réclame un toit pour les sans-logis. Pas si poussiéreux que cela, le cinéma de Guitry !


Trois chambres à Manhattan (Marcel Carné, 1965)
Une adaptation de Simenon, dans une atmosphère grisâtre d'un New York qui poisse. Le film fut démoli par la critique à sa sortie, il est vrai que Carné n'avait pas la "carte" auprès des jeunes loups de la Nouvelle vague. Malgré l'absence de rythme, le ton jazzy de cette rencontre de deux solitudes, d'un bar de nuit à l'autre, de whisky en whisky, de cigarettes en cigarettes, est fascinant. Il rappelle d'ailleurs certains films américains des années 50, de Wise, Ritt ou Rossen. Maurice Ronet est très bon et Annie Girardot, carrément exceptionnelle, a été récompensée au festival de Venise.





21/03/2011
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