Le soleil de l'enfant de la lune (La permission de minuit)

La permission de minuit n'est pas un film sur un adolescent "enfant de la lune", qui ne peut voir la lumière du jour. Ce n'est pas non plus le portrait d'un médecin qui s'est spécialisé dans les maladies orphelines. C'est l'histoire de leur relation, tissée au fil des années, amicale ou paternelle, comme l'on voudra, et vouée un jour à s'estomper et à se terminer dans la douleur. Pour traiter ce sujet dangereux, Delphine Gleize a délibérément choisi la voie de la pudeur. De façon excessive, peut-être, au prix d'une émotion qui ne se faufile qu'avec parcimonie dans un récit sobre et délavé. Elle a eu raison, elle accorde autant d'importance au praticien qu'à son"patient" et aborde la question de l'impossibilité de guérison, en toute franchise. Le film n'est pas d'une tristesse insondable, pour autant, il est dans le réel, autant que faire se peut, avec de petits moments de grâce volés au temps. Même au arrière plan, les seconds rôles existent vraiment, spectateurs et témoins bienveillants, dans l'ombre de ce couple dont le lien est plus fort que la mort. Et que dire de l'interprétation de Vincent Lindon, si ce n'est qu'on oublie, au bout de deux minutes, son jeu d'acteur. Il "est" David, médecin et être humain, soleil de cet enfant de la lune.



05/03/2011
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