Un thriller à pas feutrés (Mémoire vive)
Toujours se méfier des a priori. Quand on a écrit
un premier roman intitulé J'aime pas l'amour ... ou trop, quand on a
été le coup de coeur de Gala pour ledit livre, on est facilement
"catalogable" auteure facile pour lecteurs peu exigeants, sans en avoir,
bien entendu, lu une seule ligne. Ces a priori, le début de Mémoire
vive les confirme, d'ailleurs. Ecriture vive, intrigue légère, clichés à
gogo, nous voici plongés dans un roman quasi gavaldien. Erreur sur
toute la ligne, le livre, tout en conservant un style en apparence très
peu travaillé, devient plus noir à mesure que le récit prend forme. La
maladie (Alzheimer), la mort, les haines familiales, la folie (liste non
exhaustive) s'invitent à pas feutrés et voici que Mémoire vive acquiert
une sorte de gravité et de profondeur que rien ne laissait présager. Et
c'est un thriller psychologique, aux troubles contours, qui surgit
soudain, dans les dernières pages, d'autant plus perturbant que Vanessa
Caffin persiste à écrire sans effet de manche, presque gaiement, comme
si elle refusait, à l'image de son héroïne, de voir la vérité des choses
et des événements (impossible d'en révéler davantage). Inutile de
préciser que les vilains a priori d'avant lecture sont eux tombés depuis
longtemps.

