Un touriste en déshérence (No smoking)

Toutes proportions gardées, Will Self est un peu le Jonathan Swift d'aujourd'hui, incroyablement doué pour la satire des moeurs contemporaines et les pamphlets sarcastiques. Dans No smoking, l'auteur britannique s'en prend au politiquement correct, au conformisme social, au néo-colonialisme des touristes en goguette dans des pays qu'ils ne verront que protégés par leurs lunettes de soleil. Le roman commence très fort, avec des saynètes au caractère absurde mais réaliste. Il est nettement moins convaincant par la suite, dans un road-movie (doit-on dire road-book ?) improbable où le pauvre héros du livre, occidental dépassé par les conséquences de son acte, découvre les moeurs étranges des autochtones et sombre dans une sorte de délirium pas (vraiment) très mince et la déshérence intégrale. A jouer la surenchère dans l'extravagant et le déjanté, Will Self perd un peu la contrôle de son bolide littéraire qui, d'embardées en dérapages, n'est pas loin de finir dans le décor. Même dans le registre de la folie douce, un peu de rigueur narrative ne nuit pas.




30/12/2009
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