L'eau qui monte (Zola Jackson)
L'eau n'en finit pas de monter dans la maison de Zola Jackson, la vieille institutrice noire, personnage central du roman de Gilles Leroy. Nous sommes en août 2005, après le passage de l'ouragan Katrina, les digues ont cédé et les quartiers modestes de La Nouvelle-Orléans se noient peu à peu. L'eau qui monte, inexorablement, et les souvenirs qui refluent comme un torrent. Zola Jackson est un monologue, un cri aussi, et les sentiments qui s'y rencontrent ont un drôle de goût, celui d'un présent apocalyptique, une femme seule avec une chienne aimante, celui d'un passé qui laisse tant d'amertume aux coins des lèvres. Zola Jackson est le portrait d'une femme forte, elle semble invincible, qu'est-ce qu'une inondation même avec la mort au bout, quand la vie vous a déjà pris ceux que vous aimiez ? Zola Jackson est le récit passionné de l'amour immodéré d'une mère pour son fils. Zola Jackson est un livre de 140 pages, tout mouillé, qui a la force d'une saga qui serait trois fois plus longue. Zola Jackson est un roman qui se lit vite et ne s'oublie pas. De la race de ceux qui bouleversent et qui, paradoxalement, font du bien.
