Récolte de vieux films (Février/1)


Pas si méchant que ça (Claude Goretta, 1975)
Canton de Vaud, la rencontre d'un ébéniste, braqueur de banques à l'occasion, et d'une postière. Toute la fantaisie, la poésie du quotidien et le réalisme social du grand cinéma suisse des années 60/70 (Goretta, Soutter, Tanner). Joli couple Jobert/Depardieu, ce dernier d'une incroyable douceur (eh, oui).

La poupée (Jacques Baratier, 1962)
Documentariste, enfant de la nouvelle vague, influencé par le surréalisme, Baratier est aujourd'hui un cinéaste culte pour les uns, oublié pour (la majorité) les autres. La poupée, avec son atmosphère loufoque, est totalement déconcertant, une pochade sur les dictatures latino-américaines où l'on perd son ... latin. Foutraque et opaque.

Et la vie continue (The Human Comedy, Clarence Brown, 1943)
Le titre original est bien pompeux, il n'en reflète pas moins la philosophie simpliste qui baigne tout le film, genre "ce qui arrive doit bien avoir une raison." La ville décrite se nomme Ithaca et deux des protagonistes s'appellent Homer et Ulysses. Moui. Sous des allures innocentes, le film est une oeuvre de propagande, destinée aux familles américaines dont les fils combattent pour un monde libre. On peut se gausser, mais l'affaire n'est pas si mal menée par ce vieux routier de Clarence Brown. On évite au moins le mélodrame larmoyant.

Le soleil dans le filet (Slnko v sieti, Stefan Uher, 1962)
Ce deuxième long-métrage de fiction de Stefan Uher est important pour au moins deux raisons. 1. Il fait connaître un cinéma slovaque qui sort à peine des limbes. 2. Il est le véritable détonateur de la nouvelle vague tchécoslovaque, par sa liberté de ton. Et aussi par son caractère hétérogène : récit non linéaire, arrêts sur images, voix off qui philosophe, jeunes en liberté sur les toits de Bratislava s'interrogeant : "Qu'est-ce que je peux faire, j'sais pas quoi faire ?" Un certain charme à défaut d'avoir un charme certain.


Le plus beau (Ichiban utsukushiku, Akira Kurosawa, 1944)
Le deuxième long-métrage de Kurosawa est une oeuvre de propagande pure, époque oblige. Où l'on suit le travail d'ouvrières d'une usine d'armement qui se sont engagées à accroître leur productivité de 50%. A coups de slogans patriotiques et de chants qui ne le sont pas moins, ces jeunes femmes oublient leur fatigue et leurs problèmes personnels pour contribuer à l'effort de guerre. Les éléments de fiction sont pauvres et hautement symboliques de leur dévouement à la cause. On n'en voudra pas à Kurosawa d'avoir réalisé ce film de commande édifiant, qui a au moins le mérite de ne pas être trop mal réalisé, il a heureusement prouvé par la suite quel était son véritable talent.



12/02/2011
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