Récolte de vieux films (Février/4)


Le coeur sincère (Magokoro, Mikio Naruse, 1939)
Deux petites collégiennes amies. L'une est d'origine modeste, élevée seule par sa mère. L'autre appartient à un milieu aisé. Les jeunes filles apprennent par hasard que la mère de la première a flirté dans le passé avec le père de la deuxième. Drame en perspective ? Pas du tout, malgré quelques quiproquos, les deux petites vont protéger leurs parents respectifs, les aider à comprendre que la vie est meilleure quand on fait montre de bienveillance et d'altruisme. Ce qui n'empêche pas que les coeurs soient lourds comme des rochers et la nostalgie lancinante de ce qui aurait pu être et n'a pas été. Comme souvent chez Naruse, le film avance par des conversations, pas par des événements spectaculaires. Le film se termine par un départ à la guerre dans une liesse ambigüe. Le film dure 1h07, le temps d'une oeuvre à la fulgurante subtilité, d'une limpidité inouïe. Magnifique !

Le chemin parcouru ensemble (Kimi to yuku michi, Mikio Naruse, 1936)
Deux frères habitent chez leur mère, ancienne geisha. L'un est amoureux d'une jeune fille d'une famille bourgeoise qui l'a promise à un riche prétendant. Cela va mal finir, c'est prévisible. Melodrame bavard, théâtral et sans la grâce habituelle de mise en scène de Naruse, le film est largement en dessous du niveau habituel du susdit. Et, en plus, cela finit vraiment très, très mal.

La loi c'est la loi (Christian-Jaque, 1958)
Pastorelli, un douanier francais, et Giuseppe, un contrebandier, vivent à Assola, petit village à la frontière franco-italienne. Pour lui faire une farce, Giuseppe fait courir le bruit que Pastorelli est italien puisqu'il est né dans une maison située sur la frontière. Dès cet instant, les ennuis commencent pour Pastorelli. Et quand on sait que Fernandel et Toto sont les deux personnages de ce film rigolo, mais pas à hurler de rire, hein, ... La musique est de Nino Rota, le scénario est en partie signé du génial Scarpelli ; ceci compense la mise en scène pataude d'un Christian-Jaque incapable de faire jaillir toute la vis comica du duo franco/italien.


Les proies (The Beguiled, Don Siegel, 1971)
Pendant le guerre de Sécession, un soldat Yankee blessé trouve refuge dans un pensionnat sudiste de jeunes filles. Comme un coq dans un poulailler, va t-il faire oublier sa posture d'ennemi et les séduire toutes ? C'est bien plus compliqué que cela et, au fil des minutes, le film va se transformer en drame quasi gothique, dans un climat délétère et pervers. Un très bon Siegel, où Clint Eastwood, remarquable, conquiert enfin ses galons de grand acteur. Juste avant de passer lui-même à la mise en scène, la même année.





01/03/2011
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