Récolte de vieux films (Mars/1)


Thomas l'imposteur (Georges Franju, 1964)
Après Mauriac et avant Zola, Franju adapte Cocteau, avec l'active collaboration de celui-ci, au scénario et aux dialogues. Un film très déconcertant qui, aux horreurs de la guerre de 14, mêle un texte très littéraire, accentué par la voix off de Jean Marais et le phrasé très particulier de l'étonnante Emmanuèle Riva. Ce côté irréaliste ou surréaliste est loin d'être déplaisant. Le personnage de Thomas, aventurier innocent, croyant à ses mensonges comme un enfant, est fascinant. Une très belle scène : un cheval au galop, la crinière en feu, au milieu des ruines. Un Franju différent, mais un Franju quand même.

Sa femme et sa maîtresse (Wife vs. Secretary, Clarence Brown, 1936)
Le titre original français est Sa femme et sa dactylo, qu'on n'utilise plus parce que ça ne fait pas moderne, probablement. C'est un bonheur de voir Clark Gable dans une comédie légère et sentimentale, il y excelle. Le duel à distance Myrna Loy/Jean Harlow tient toutes ses promesses. Et James Stewart est trognon dans un rôle d'amoureux niais. L'intrigue est ténue, mais on s'en contrefiche. C'est élégant, brillant et acidulé.

L'armoire volante (Carlo Rim, 1948)
Scénariste honnête, Carlo Rim a une carrière de réalisateur sans relief. A une exception près, cette Armoire volante, tentative réussie d'humour noir, tendance macabre. Monsieur Puc, célibataire et percepteur, y recherche 1H40 durant une armoire contenant le cadavre gelé de sa tante, sans jamais pouvoir mettre la main dessus. Fernandel, au profil d'armoire à glace, sérieux comme un pape, et de plus en plus dérangé, est gigantesque dans l'un de ses tous meilleurs rôles.

Marchands d'illusions (The Hucksters, Jack Conway, 1947)
Une comédie romantique qui ne manque pas d'allure. Primo, parce que le fonds social y est primordial, les agences de publicité, vendeuses de vent, y sont joliment épinglées. Deuxio, parce que Clark Gable, impeccable, est secondé par une Deborah Kerr, au jeu tout en frémissements, contrepoint idéal. Tertio, parce que les seconds rôles y sont valorisés, incarnés par des acteurs d'un calibre supérieur, Sydney Greenstreet et Adolphe Menjou. Quarto, Ava Gardner y a un petit rôle de chanteuse où elle montre plus qu'un début de talent. Et tout ça fait un bon film, produit hollywoodien de moyenne gamme, divertissement adéquat pour oublier une humeur chagrine.


Les joyeux héritiers (Lachende Erben, Max Ophüls, 1933)
Un Ophüls rarement cité parce que léger, pétillant et insouciant. Une histoire pas très sérieuse de rivalité entre deux vignobles de la Vallée du Rhin, sur laquelle se greffe une romance toute mignonne. On se croirait chez le Lubitsch de la même époque, le film est bien rythmé, plein de gaieté (tourné en 33, sombre année pour l'Allemagne) et se déguste comme une ode au vin et à l'ivresse. Un bon film pour la soif.




06/03/2011
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