Un TGV devenu fou (Un train nommé Russie)
Il parait que Natalia Klioutchareva est, avec quelques autres jeunes auteurs "en colère", l'avenir de la littérature russe. Voire. Ecrit à 23 ans, Un train nommé Russie est effectivement alléchant si l'on considère la couverture du livre et le brillant résumé qui en est fait en dernière page. Le problème, c'est que le roman ne tient pas ses promesses, et qu'après un bon démarrage, il s'enlise dans la description confuse de personnages pittoresques (un pope, un travelo, une punkette etc.) qui font un petit tour et puis s'en vont (ou reviennent sans rime ni raison) dans un pandémonium qui, on s'en doute, symbolise la Russie d'aujourd'hui. Coincé entre des velléités anarchiques et/ou révolutionnaires, Un train nommé Russie fonce comme un TGV devenu fou dans un paysage devenu flou (le déraillement est proche). On aimerait un petit arrêt au buffet de la gare, de temps à autre ; hors de question, Natalia Klioutchareva est une jeune fille bien trop pressée. Le lecteur, lui, est resté à quai.
