Suite japonaise (18)

Oshima, suite .... Fin des années 60, il tourne une série de films qui sont autant de brûlots politiques.

A propos des chansons paillardes au Japon (1967).
Bal(l)ade entre Eros et Thanatos. Sur fond de manifestation contre la guerre au Vietnam, cette oeuvre au scénario erratique, existentialiste, est difficile à appréhender sans une bonne connaissance de l'histoire du Japon. Du Godard, en un peu plus lisible, et encore...

Eté japonais : double suicide (1967).
Titre trompeur. Ce film aux allures de fable post-apocalyptique, fascine par son nihilisme. Une nymphomane, un suicidaire, des yakuzas, un étranger peuplent cette allégorie d'un Japon déshumanisé et désincarné. Le tout filmé comme un gigantesque jeu de rôles.

La pendaison (1968).
Un film sartrien contre la peine de mort. Dommage que ce soit aussi opaque.

Le retour des trois soûlards (1968).
Complètement débridé. Loufoque, burlesque, un happening permanent où le cinéaste arrête soudain son film et reprend depuis le début avec des scènes identiques. Inutile de chercher à comprendre le fin mot du scénario. A la limite, on peut le prendre comme une sorte de "Help" halluciné.


Journal d'un voleur de shinjuku (1968).
Oshima en 68, influence évidente : Godard. Film déstructuré, qui cite Genet, Miller et Lenine. Obsession du sexe et de la dialectique. Un vrai b(r)ouillon de culture, brillant par endroits mais le plus souvent fastidieux.

Le petit garçon (1969).
Le plus direct et pas le moins dérangeant des films d'Oshima de la fin des années 60. S'inspirant de faits réels (un enfant de dix ans simule de faux accidents de voiture), le cinéaste réalise une oeuvre sèche et brutale qui renvoie la société japonaise à ses propres dérives.

Il est mort après la guerre (1970).
Oshima abandonne son cinéma expérimental pour un film flottant entre réalité et fiction. Erotisme et militantisme ont toujours voix au chapitre mais passent cette fois au second plan derrière une intrigue aux reflets poétiques. Un vrai trip.

La cérémonie (1971).
Film hiératique et complexe, assez confus, où planent les ombres de l'immédiat après-guerre, époque de honte et d'affliction pour les japonais. Un peu trop théâtral pour séduire.

Après Une petite soeur pour l'été (1972), Oshima devient mondialement connu avec L'empire des sens. Il tourne ensuite L'empire de la passion, Furyo et Max et mon amour. Sa mauvaise santé l'éloigne des plateaux jusqu'à Tabou (1999) qui pourrait bien être son dernier film.


28/01/2010
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